Bonjour,
Je n’ai pas pu vous donner de nouvelles avant car je séjournais dans des villages Kayapo, sans aucun moyen de communication.
Je suis actuellement et depuis plusieurs mois au Brésil auprès du chef Raoni qui m’a nommée -juridiquement et administrativement- comme sa représentante et porte-parole officielle.

le chef Raoni et Emilie
A la demande des Indiens Kayapo et de Raoni, je continue la mise en place de projets de préservation de la culture et des terres Kayapo, financés par l’Association Wayanga.
J’effectue pour cela sur place un gros travail d’archivage afin de préserver la mémoire des anciens.
Fruit de mon travail de ces deux dernières années, je leur ai déjà rapporté une collection de 7 CD MP3 regroupant au total plus de 30 heures d’enregistrements de chants, mythes, registres de langue, pleurs cérémoniels… identifiés avec et par eux comme en voix d’oubli.

Raoni et les 30h d

J’ai vérifié le contenu avec Raoni et les anciens de différents villages. Des copies vont bientôt être distribuées à tous les villages Kayapo concernés par ces projets.
Ainsi, pourront-ils, par exemple, réorganiser certaines cérémonies qui avaient été oubliées et préserver ces connaissances á tout jamais alors qu’elles auraient pu disparaître après le décès des anciens qui en sont les derniers détenteurs.

Je travaille également à la rédaction des mémoires du chef Raoni en langue Kayapo pour que son peuple puisse les protéger pour les générations futures ; d’une grande importance puisque que les Kayapo sont de culture orale.

Raoni et Emilie en séance d'enregistrement
Je suis entrain également d’initier la construction du « Centre de Préservation de la Culture Mebengokre » (nom originel du peuple Kayapo), -toujours financé par l’association Wayanga.

plan du centre de préservation de la culture Mebengokre
Afin de pouvoir contacter les équipes du gouvernement concernées en cas de déforestation et d’invasion de leurs terres, Wayanga vient également de faire un don d’équipement radiophonique au village du chef Raoni qui en avait fait la demande l’année dernière.
Nous allons également financer des études de comptabilité à un jeune leader Kayapo qui vit en ville et qui a été choisi par sa communauté pour être un représentant auprès des « blancs » et pour défendre les intérêts de son peuple au sein d’organisations autochtones.
Bien sûr, tous ces projets sont élaborés à la demande des Indiens, avec et par eux, en total respect de leur mode de vie, de leurs coutumes et de leur habitat. Rien ne leur est imposé.
Sincèrement,
Emilie Barrucand